Sellette de parapente : comment monter et ajuster correctement

Un mauvais ajustement de la sellette compromet l’efficacité des commandes et augmente les risques de déséquilibre en vol. Certains modèles nécessitent une répartition du poids inhabituelle, ignorée lors des réglages standards. Le choix des points d’attache ne dépend pas uniquement de la morphologie, mais aussi du type de vol envisagé.

Des écarts minimes dans la longueur des sangles modifient la stabilité et la réactivité. Les fabricants recommandent souvent des réglages génériques, insuffisants pour optimiser les performances individuelles. Une méthode précise d’installation et d’ajustement s’impose pour tirer profit de l’ensemble des fonctionnalités offertes par la sellette.

Comprendre le rôle clé de la sellette en parapente

La sellette, c’est la pièce centrale qui relie le pilote à l’aile. Elle transmet chaque action, chaque correction, absorbe les réactions du parapente. L’équilibre en vol ne dépend pas seulement de la main du pilote : c’est aussi la manière dont cette interface, la sellette, filtre ou amplifie les moindres variations de l’air qui va tout changer.

Avec ses sangles ventrales, ses bretelles, ses cuissardes et parfois un plateau réglable, la sellette prend la forme d’un prolongement du corps. Chacun de ses réglages influe sur la stabilité, la position du bassin, l’inclinaison du buste. Si le centre de gravité est trop en arrière, l’instabilité guette. Trop en avant, le confort disparaît, la fatigue s’installe. C’est un jeu d’équilibre où chaque détail compte, surtout lorsque les conditions de vol se durcissent ou que les heures s’accumulent.

Les modèles cocon, enveloppants, vont plus loin : ils réduisent la traînée, isolent du froid et visent la performance. Les sellettes Dudek en sont l’exemple parfait : tout est pensé pour permettre des réglages fins, s’adapter à la morphologie, garantir de vrais appuis. Quand la sellette épouse la posture, sans comprimer ni gêner, tout devient plus fluide : sécurité, plaisir et performance se rejoignent.

Quels réglages pour une sellette adaptée à votre morphologie et à votre style de vol ?

Avant de décoller, il faut adapter la sellette à son propre corps, à sa façon de voler. Le premier réflexe : régler la sangle ventrale. Selon les modèles, l’écartement entre les mousquetons varie souvent entre 40 et 48 cm. Trop serrée, elle limite la maniabilité, accentue le risque de twist ; trop lâche, chaque mouvement de l’aile se fait sentir, et le contrôle devient délicat. Les recommandations du fabricant servent de repère, issues des tests d’homologation, pour trouver l’équilibre entre stabilité et pilotage.

Voici les réglages à soigner pour un ajustement précis :

  • Sangles d’épaules : elles doivent soutenir le haut du corps sans restreindre l’installation. Si elles sont trop serrées, elles gênent ; trop lâches, la sellette flotte et le ressenti s’amenuise.
  • Cuissardes : à placer bas, sans excès de tension. Leur rôle est de protéger à l’atterrissage, mais si elles sont trop serrées, l’entrée dans la sellette devient laborieuse.

Le plateau et la surface d’assise influent sur l’inclinaison du bassin. Il s’agit de trouver l’angle juste : reculé, c’est l’instabilité ; avancé, le confort disparaît. Un réglage lombaire bien ajusté soulage lors des vols longs. Les sangles dorsales, quant à elles, modifient l’inclinaison du buste. Tous ces paramètres doivent s’accorder à la morphologie et à la tenue du jour. Certains pilotes n’hésitent pas à modifier l’inclinaison du buste en vol pour affronter des conditions agitées.

Le placement du bassin détermine le centre de gravité. Plus il est avancé, plus la sellette gagne en réactivité, mais la tolérance aux erreurs diminue ; reculé, la stabilité prime, au détriment de la précision. Si la sellette intègre un système ABS, la stabilité s’améliore avec une ventrale serrée, mais la vivacité en pâtit. Enfin, la sangle pectorale, placée plutôt bas, maintient les bretelles en place sans gêner l’accès au parachute.

Femme vérifiant les sangles d

Conseils pratiques pour ajuster et tester sa sellette avant le décollage

Le meilleur endroit pour ajuster sa sellette reste le sol, loin du stress du décollage. Un portique d’essai, simple structure suspendue, permet de s’installer, de tester les suspensions, d’ajuster chaque sangle à son rythme. Installez les maillons d’ancrage à environ un mètre d’écart, pour se rapprocher des conditions réelles. Prendre le temps est la clé : affiner tous les réglages d’un cocon peut parfois demander plus d’une heure.

Pendant cette phase, plusieurs points méritent une attention particulière :

  • Vérifiez le bon alignement du bassin et du dos, une mauvaise position nuit à la stabilité et à la gestion des mouvements.
  • Adaptez la sangle ventrale en respectant les valeurs préconisées par le fabricant, issues des essais d’homologation. Trop serrée ou trop large, et c’est tout l’équilibre qui change.
  • Testez la tension des sangles d’épaules et des cuissardes. Assurez-vous aussi de pouvoir accéder facilement aux commandes et à la poignée du secours.

Pensez à simuler le décollage et l’atterrissage. Balancez-vous, penchez le bassin, cherchez la position qui permet de passer de la course à l’assise sans effort. Un mauvais réglage se paie cher en vol : perte d’efficacité, inconfort, voire difficulté à gérer les situations difficiles. Multipliez les essais, changez de tenue, demandez l’avis d’un autre pilote si possible. C’est le meilleur moyen de partir serein, prêt à profiter pleinement de chaque vol.

Un ajustement méticuleux n’est pas un luxe : c’est ce qui transforme une sellette en partenaire de confiance, capable d’accompagner chaque ambition du parapentiste, du vol contemplatif à la performance engagée.

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