Signification de 40 love : pourquoi ce terme est utilisé au tennis ?

Un score de 40-0 au tennis ne signifie pas la fin du jeu. Le terme singulier « love » s’applique uniquement au zéro, quelle que soit la situation ou la compétition. Malgré la modernisation des règles, cette formule héritée du passé reste la norme dans le jargon officiel et lors des grandes retransmissions mondiales.

Le mystère du score au tennis : d’où vient le terme « love » ?

Parmi les sports qui cultivent l’originalité jusque dans le choix des mots, le tennis occupe une place à part. L’annonce « 40 love » intrigue depuis toujours, aussi bien chez les passionnés que chez les profanes. Que ce soit sur le Central de Wimbledon ou sur la terre battue de Roland-Garros, l’arbitre de chaise prononce ce score sans que personne ne s’interroge réellement sur sa signification. Pourtant, ce « love » ne fait référence ni à la passion ni à l’élan romantique, mais tout simplement à un score de zéro dans le comptage des points au tennis.

Les linguistes et les férus d’histoire du sport se sont longtemps penchés sur l’origine de ce terme. L’explication la plus plausible remonte au mot français « œuf », dont la forme rappelle celle du zéro sur le tableau de score : un ovale sans début ni fin. Transposé dans la langue anglaise, « œuf » serait devenu « love » par un jeu de sonorités et d’habitudes. Depuis, ce mot s’est imposé dans tous les tournois majeurs, sur les circuits ATP et WTA, et jusqu’aux compétitions juniors, où il rythme les annonces officielles.

Le vocabulaire particulier du tennis ne s’arrête pas à « love ». On y retrouve aussi « deuce », « ace », « break », « bagel » ou « breadstick » : autant de mots forgés par l’histoire, les échanges de cultures et la tradition. Mais « love » conserve une place à part. Répété à chaque manche, à chaque point perdu, il incarne ce goût du mystère linguistique que le tennis chérit autant que ses exploits sur le court.

Pourquoi 40 love marque-t-il un moment clé dans un jeu ?

Atteindre 40 love, c’est approcher du but. À ce stade, le joueur au service n’est plus qu’à un point de s’adjuger le « game ». Trois points d’avance, le filet pour frontière, une seule opportunité à saisir pour conclure. L’annonce de l’arbitre de chaise est alors lourde de sens : d’un côté, le soulagement du meneur, de l’autre, la pression qui s’abat sur le retardataire.

Le comptage des points au tennis rythme chaque rencontre comme une partition. Un « game » s’articule autour de quatre paliers : 15, 30, 40, puis le point qui fait basculer le jeu. « 40 love » indique que le serveur a remporté les trois premiers échanges, laissant son adversaire à zéro, c’est-à-dire « love ». Cette avance offre un ascendant mental, mais rien n’est joué. La remontée peut toujours survenir, et les grandes rivalités, de Roger Federer à Pete Sampras, ont souvent basculé à ce moment précis, où le suspense renaît au moindre retour gagnant.

Pour mieux comprendre la portée de ces scores, voici un tableau récapitulatif :

Score Situation
40 love Un joueur à un point du jeu
40-15 / 40-30 Le suspense s’installe, l’adversaire revient

La particularité du scoring tennis se niche dans cette tension permanente. Aucun « 40 love » n’est véritablement acquis avant le dernier point. À Roland-Garros comme à Wimbledon, chaque annonce de ce score rappelle combien la victoire reste fragile, suspendue à la capacité de gérer la pression.

Entre tradition et légendes : les hypothèses sur l’origine de « love »

Sur le court, le mot love surgit, net et sans fioriture. À l’énoncé d’un « quarante love », on devine tout le poids de l’histoire du tennis, pétrie de traditions et d’emprunts linguistiques.

La version la plus souvent retenue fait remonter l’origine du terme à la France du XIXe siècle. Les premiers joueurs auraient choisi le mot « œuf » pour désigner le zéro, inspirés par la forme du chiffre. Anglicisé en « love », il aurait traversé la Manche avec le jeu, s’installant durablement dans le vocabulaire des arbitres et des joueurs du monde entier.

D’autres avancent une interprétation différente : « love » viendrait de l’expression anglaise « to play for love », autrement dit jouer pour le plaisir, sans enjeu financier, donc sans score. Mais cette idée reste marginale parmi les spécialistes. La comparaison avec l’œuf séduit davantage, dans la lignée d’autres images visuelles comme le bagel, ce set gagné 6-0, parfaitement rond.

Le tennis, sport de codes et de symboles, a conservé ces vestiges dans son lexique. Deuce, break, ace, breadstick : chaque mot, chaque formule, contribue à l’identité sonore et culturelle du jeu. Le mode de comptage des points alimente cette légende, entre racines françaises et créativité britannique, sans jamais lever totalement le voile sur ses origines.

Comment « 40 love » façonne le langage et la culture du tennis aujourd’hui

L’expression 40 love ne se limite pas à indiquer un score. Elle a investi la culture du tennis, comme une signature sonore, un repère scandé par la voix de l’arbitre de chaise. Ce vocabulaire ancestral forge une identité propre, reconnaissable d’un court à l’autre. Le tennis n’a pas simplement inventé un système de points : il a bâti une grammaire unique, où chaque terme, deuce, break, tiebreak, porte son lot d’émotion et de tension.

L’annonce « quarante love » n’a rien d’anodin. Elle marque l’instant où le joueur approche du but, à un point près, l’adversaire restant à zéro. Sur le central, chaque spectateur retient son souffle, guettant l’exploit ou la faute. La langue du tennis épouse le rythme du jeu, transmettant l’énergie, la nervosité, l’espoir des tribunes.

Avec le temps, ce lexique a dépassé les frontières du court. Les expressions comme « être à love » ou « passer à deuce » s’invitent dans les conversations, symboles d’affrontements où rien n’est joué d’avance. Le tennis réussit le tour de force de transformer ses règles en rituels, ses mots en repères. Dans chaque Grand Chelem, à Paris ou à Londres, l’annonce « 40 love » demeure, à la fois clin d’œil au passé et marque d’un sport qui n’a pas fini de fasciner.

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